Contexte institutionnel et stratégique
Le Plan National Châtaigne est une initiative française visant à répondre aux défis structurels et environnementaux rencontrés par la filière castanéicole en France. Ce plan a été élaboré à l’issue d’une concertation nationale entre les représentants des producteurs, les instituts techniques, les organismes de recherche et les autorités publiques, sous l’égide du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire (MASA) et du Syndicat national des producteurs de châtaignes (SNPC). Il a été officiellement lancé en février 2025, avec une dotation de 5 millions d’euros sur cinq ans destinée à soutenir des projets de recherche, développement et structuration de la filière.
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Méthodologie PARSADA et diagnostic 360°
La démarche du Plan National Châtaigne s’appuie sur la méthodologie PARSADA (Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures), qui constitue le premier axe de la stratégie nationale Écophyto 2030. Divers organismes de recherche ont participé au diagnostique 360°, dont le CNRS et l’INRAE.

Le PARSADA a été conçu pour anticiper les retraits potentiels de substances actives phytopharmaceutiques au niveau européen et développer des alternatives techniques permettant de protéger les cultures tout en réduisant l’usage des produits phytosanitaires. Pour cela, il repose sur une méthodologie en trois étapes :
- Identification des usages à risque,
- Diagnostic 360° regroupant une analyse complète des besoins et des solutions existantes,
- Elaboration de plans d’action par filière.
Interconnexion des projets du Plan National Châtaigne
À l’issue du diagnostic, les problématiques identifiées ont été réparties en cinq grands projets, parmi lesquels figure RESILIÂNCE (RESILIience des chÂtaigneraies fruitières et iNnovations CulturalEs face aux changements globaux). Les autres projets sont :
- CROC – Chestnut fruit ROt Control (réduction des pourritures de la châtaigne au verger et après récolte),
- PROSPER – PROphylaxie et Solutions Pour la santé des châtaigniERs,
- ChatOFor – Châtaigneraies Optimisées contre les chenilles Foreuses,
- MatCha – MATériel végétal adapté aux défis sanitaires et climatiques.
La majorité des partenaires impliqués dans RESILIÂNCE sont également engagés dans ces autres projets, ce qui peut faciliter des possibles points de convergence scientifique et technique.
Structuration de la filière castanéicole

En complément des cinq projets issus du Plan National Châtaigne, un sixième projet centré sur la structuration de la filière castanéicole porté par le SNPC avec la Direction générale de la Performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) et la Direction générale de l’Alimentation (DGAL).
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Ce projet de structuration entend notamment :
- assurer le suivi transversal des projets PARSADA du Plan Châtaigne ;
- coordonner les partenaires en lien avec les chefs de projets ;
- renforcer les liaisons entre castanéiculteurs, instituts techniques et communautés scientifiques ;
- diffuser les résultats via des actions de communication nationales et internationales.
Contexte climatique et enjeux
La capacité des cultures pérennes à faire face aux changements climatiques de grande ampleur projetés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) constitue désormais un enjeu majeur pour le monde agricole. Ces changements affecteront le châtaignier européen (Castanea sativa Mill.), ainsi que les hybrides issus de croisements avec les châtaigniers japonais et chinois (C. crenata et C. molissima). Plusieurs travaux scientifiques indiquent que l’augmentation des températures agira négativement sur la physiologie du châtaignier, en modifiant la dynamique de différents stades phénologiques, qui pourraient devenir plus précoces ou, au contraire, plus tardifs selon les contextes climatiques.
Les épisodes de températures élevées (de l’ordre de +2 °C), combinés à une diminution des précipitations et à une baisse de la capacité de rétention en eau des sols, devraient affecter la capacité photosynthétique des arbres ainsi que le développement des fleurs et des fruits. Dans ce contexte, l’accès à l’eau au cours de la maturation fruitière deviendra un facteur déterminant pour le maintien de la production. Par ailleurs, la qualité des fruits et leur composition chimique sont également étroitement dépendantes des conditions climatiques.
Les variétés de châtaignier (C. sativa) et les hybrides associés sont ainsi exposés à des risques accrus de baisse de production fruitière et de perte de vigueur, accompagnés d’une augmentation de la sensibilité aux maladies. Néanmoins, les premiers résultats de ROC-CHÂ montrent que les variétés répondent différemment aux conditions climatiques du futur que nous simulons, et en fonction des conditions topographiques, tant à l’échelle macroclimatique que micro-locale, soulignant l’importance d’approches multiscalaires allant du local, territorial (ou départemental), à national pour l’adaptation des châtaigneraies.
Les enjeux de co-construction sont aussi importants, car le changement climatique appellera à des décisions par les producteurs quant à l’orientation du verger en terme de ce qu’il faut planter maintenant pour envisager des récoltes dans 10-30-75-100 ans.
